Dimanche, comme environ 45.000 personnes, j’étais sur la ligne  de départ du Semi de Paris. Un retour au bitume après mon petit passage dans la terre des cross et surtout une nouvelle épreuve de l’adidas Runners Circuit.

Pas les jambes

J’avais donc envie de faire une belle course pas tellement pour aller chercher un RP que pour sortir un joli chrono pour ma team afin de rapporter des points.

 

– elle est là la plus belle team #TakeChargeMeilleureTeam –
Photo d’Edouard

Pendant les 10 minutes qui ont séparé mon entrée dans le sas et le départ, j’ai pas mal cogité.

Ca fait deux semaines que je me monte le bourrichon en me disant que je n’arriverai pas à faire un meilleur temps qu’au semi de Boulogne (1h15m52s) et que si j’arrivais à faire un temps similaire ça serait déjà bien.

“En ce moment, je n’ai pas les jambes.”
“Les cross ne m’ont pas permis de travailler l’allure comme je l’aurais voulu.”
“Le parcours du Semi de Paris est franchement plus dur.”

Voilà les idées qui me traînaient dans la tête. Ajoutez à cela les prévisions météos pas terribles et mes souvenirs de 2017 et je m’étais même surpris à prédire que je bouclerai ce semi en 1h18.

“Mais si, ça va aller, il faut juste que t’aies confiance en toi”

La phrase presque anecdotique que m’a glissé le coach vendredi soir à la soirée AR Paris. Elle est restée coincée entre deux verres de Perrier, sans je n’y fasse vraiment attention.

Et maintenant que je suis emmitouflé dans mon sac poubelle, elle résonne dans ma tête, prenant le pas petit à petit sur le reste.

– le sac poubelle n’était pas de trop dans le racepack –

Je voulais me préserver, assurer le coup et limiter la casse. Je change de plan.
Quitte à ne pas faire de RP, autant tenter le coup quand même. Je me fixe de passer le 10km aux alentours des 35 minutes (ce qui ferait 1h14 au semi) et que je verrais bien comment ça se passe après.

Le semi de Paris est lancé !

Sur les 300 premiers mètres, le premier truc qui me vient c’est “j’ai pas envie de courir”.

Je passe la première borne, je regarde ma montre : 3’34. J’enlève le t-shirt que j’avais mis par dessus mon débardeur pour me tenir chaud et le jette avec mes pensées négatives.

Je ne suis pas parti trop vite, ce qui est bien. Comme la côte de Daumesnil approche, j’accélère un peu.

 

Je finis par retrouver Sami, JR et Fabien entre le 2e et 3e km. Je compte sur l’effet de groupe pour garder un rythme soutenu le plus longtemps possible. Passé le 5e, Fab me demande si ça va, je réponds “bof”, pour le moment je m’accroche. Je garde le cap.

Je fini par enfin trouver les bonnes sensations. Du coup je prends quelques relais pour aider le groupe à aller de l’avant. On avance bien, il y a indéniablement une bonne dynamique qui s’installe.

On passe le 10e km en 35’06”. Je suis dans ma fourchette. Je sais que la 2è partie est plus difficile mais je suis prêt à serrer les dents.

– après le 10è on a perdu Sami, ons’est donc reformé en trio –
Merci Thierry

Ça va le faire

– le premier tunnel est passé –
Photo Eat and Run

La partie difficile arrive. Trois tunnels, la montée de Charenton et le long faux-plat de Gravelle. Quoi qu’il arrive je sais qu’on ne tiendra pas la moyenne pour arriver en 1h14, mais il faut quand même garder un bon rythme et surtout ne pas craquer.

J’en ai gardé un assez mauvais souvenir de l’an dernier car je les avais subies. Pourtant, là c’est différent. Je suis un peu plus conquérant et j’arrive à reprendre des coureurs qui sont devant. Une fois en haut, je ne perds pas mes jambes et j’arrive à maintenir un bon rythme. Les cross ont eu un effet positif sur cet aspect. 

On passe la fameuse montée de Charenton, les supporters de Bastille sont là pour nous booster et comme d’habitude, ça marche.

Comme l’an dernier, j’ai un coup de moins bien vers le 16è km. Un trou commence à se faire entre JR et Fab, et moi. Je ne me laisse pas lâcher et je pousse pour reprendre ces 10-15 mètres, je me dis que ça va le faire. Je finis par recoller et relance quand mon second souffle arrive pour essayer de gratter quelques secondes.

– La cavalerie après le 15è km –
Photo Nad’s

Une fois qu’on a passé le 17e, je regarde ma montre, tente quelques calculs mentaux, et clairement il y a place pour un petit RP. Ça me motive d’avantage pour garder le rythme malgré les jambes qui commencent à être plus lourdes.

Après, un gros dernier kilomètre en 3’17, je franchis la ligne juste derrière JR après un joli sprint. Je regarde ma montre et je suis très très content.

1h15m12s

C’est un joli RP, auquel je ne croyais pas tellement avant. J’ai un peu pris ma revanche sur le Semi de Paris et j’y ai pris beaucoup de plaisir.

Finalement, j’avais bien les jambes et Vincent avait raison, il fallait que je me fasse confiance. La prépa qu’il me concocte pour le Marathon de Londres a aussi du bon, elle m’a permis d’être en forme au bon moment. C’est quand même à ça que sert une prépa.

Ce chrono me laisse très optimiste pour mon gros objectif qu’est le marathon de Londres.
Plus anecdotiquement, il me qualifie aussi pour les championnats de France de semi-marathon. On verra plus tard si on bloque l’agenda là-dessus. J’ai évidemment regardé, ça se déroulera le 28 octobre à Saint-Omer.

C’est aussi une belle expérience positive qui me permet d’apprendre encore sur l’importance du mental. Si j’étais parti sur les mêmes bases qu’à Boulogne, il est évident que je n’aurais pas pu faire la même performance. L’auto-conviction ça a du bon.

– Bientôt arrivés –
Photo L’Equipe

Moralité : faîtes-vous confiance !

Si vous vous entraînez sérieusement, faites vous confiance sur les courses. Ça peut ne pas passer, mais ça peut aussi passer. Dans le premier cas, je vous renvoie à Confucius :

“La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute”

Arriver à retourner ses pensées négatives demande un je-ne-sais-quoi au carrefour de la force mentale, du courage et de la discipline, mais ça vous apportera forcément quelque chose de positif.

Alors travaillez sur vous !

Bonus : BRAVO MARIE

 – Je savais bien qu’elle pouvait faire moins d’1h37
Gif by Naïs