Cher froid,

C’est avec nostalgie que je repense à ces jours d’hiver
que j’attendais tant pour me rouler dans la neige,
planquer ou trouver des cadeaux sous un sapin vert,
et évidemment aller skier, ce grand privilège.

Je me souviens encore de ces instants dorés,
quand je pouvais plonger mes mains dans cet or blanc,
sans craindre de me faire mordre par l’eau gelée,
c’est à peine si je mettais un manteau pour rassurer mes parents.

 

Aujourd’hui, ton emprise a changé.
Je ne sors plus sans mes 36 couches pour me protéger,
Tu n’es malheureusement plus la source de mes loisirs,
Bien au contraire, mon plus grand, tu as décidé de le pourrir.

 

Tu m’obliges parfois à porter des collants,
Je n’espère même plus partir sans mes gants,
Mon envie de terminer ma séance n’est motivée
Que par le doux désir d’un chauffage tant éloigné.

Quand tu décides de recouvrir les rues de neige,
Je dois prévoir mon itinéraire comme un stratège,
Pour simplement espérer échapper à la glissade,
Et en ayant à cœur de développer mon talent pour les cascades.

 

Cette année, tu m’as même forcé ,
à trouver du réconfort sur un tapis,
sur lequel je n’ai trouvé ni rêve bleu, ni Prince Ali,
Courir une heure sur place ne m’a pas amusé.

Mais la pire de tes estocades,
C’est quand tu transformes la piste en patinoire,
et offre à mes cuisses la souplesse d’un vieillard,
muant un fractio difficile en une belle panade.

 

Cher froid,

Tu es prié de reprendre tes degrés négatifs,
D’arrêter de me faire couler le pif,
D’enfin laisser la place au printemps,
Pour que mon sport soit plus convaincant.