Si vous suivez un peu ce qu’il se passe dans le petit monde du running, vous savez sûrement que Nike, comme Adidas, se sont lancés l’objectif d’amener leurs athlètes sous la barre des 2 heures sur marathon. Mais on pourrait s’interroger, comme chez Globe-Runners, sur la légitimité d’un tel record, s’il était atteint. Voici l’article en question, qui m’a donné envie de vous donner mon sentiment sur la question. Je vous invite donc à le lire avant :

Marathon : A la conquête d’un record de pacotille ?

L’article pointe du doigt le manque de légitimité sportive qu’aurait une telle performance. Si sur le fond, il est certain qu’un record sur un marathon populaire m’aurait plus emballé, il ne faut pas voir tout en noir. Voici donc l’article tout en blanc pour vous aider à faire votre gris. 

Trop de marketing dans le sport ?

Il est indéniable qu’une telle opération s’appuie sur une forte motivation marketing. Cependant, le sport, amateur ou de haut niveau, profite depuis longtemps des investissements, rarement purement altruistes, des équipementiers pour se développer. Si on s’attarde seulement sur le running, la multiplication des coureurs n’est pas anodine et doit être regardée parallèlement aux opérations développées par les différents équipementiers. Personnellement, je ne peux que m’en réjouir. C’est grâce à adidas Runners Paris que j’ai pu trouver un groupe de running qui m’a permis de devenir le coureur que je suis. L’innovation des équipementiers n’est possible que parce qu’ils misent sur le fait que de nombreux pratiquants achèteront leurs produits, motivés par le rayonnement international des athlètes de haut niveau. Pour résumer, si aucune marque ne s’était intéressée au running, je ne suis pas tout à fait sûr qu’on aurait une gamme de chaussures aussi étendue aujourd’hui.

– plutôt VaporFly ou adizero ? –

Tous dopés ?

On pourrait évidemment qualifier cette recherche d’un produit toujours plus efficient pour soutenir et transcender l’athlète dans son effort de « dopage technologique ». Mais il serait intéressant de se poser la question de savoir qu’est-ce que le dopage technologique ? A notre petit niveau, on se rend compte rapidement que si on court avec des chaussures inadaptées, ou pieds nus, on ne serait pas capable de délivrer la même performance qu’avec notre paire fétiche. Dès lors, où commence et où s’arrête le dopage technologique ? Très honnêtement j’aurais bien du mal à vous donner un avis arrêté sur cette question. Je préfère donc considérer que tant que telle ou telle pratique n’est pas prohibée par les instances sportives nationales ou internationales il ne s’agit pas de dopage. Il est par ailleurs évident que pour parvenir à réaliser la meilleure performance mondiale de tous les temps, il faut parvenir à créer des conditions optimales. D’ailleurs, un scientifique spécialisé en sport, Yannis Pitsiladis, dont le projet Sub2 est controverséestime qu’en poussant les recherches dans tous les domaines touchant à la course à pied (la nutrition, la biomécanique, la génétique, l’efficacité de course, l’entraînement, la stratégie de course, la médecine sportive) la barre des 2 heures pourrait être franchie en 2019, là où d’autres estiment qu’il faudrait attendre au moins 2028.

Un marathon, sans marathon ?

Or, dans les conditions permettant la meilleure performance possible, le terrain et la météo sont des variables importantes. On a tous pu s’en rendre compte sur le semi de Paris. Quand on cherche un marathon rapide, on pense forcément à Berlin. Mais finalement, tous les parcours sont envisageables tant que la déclivité descendante n’excède pas 1 mètre par kilomètre et qu’il y a moins de 21,1 km entre le départ et l’arrivée. Ce sont les critères d’homologation pour le parcours d’un marathon.

– Nike a choisi le circuit de Monza pour ses premiers essais –

On peut être gêné par le fait que Nike, notamment, ne cherche pas à réaliser l’exploit sur un marathon international plutôt que sur la distance en elle-même. N’oublions pas cependant qu’il s’agira bien d’un exploit. Le but recherché étant un temps et non une médaille, je ne crois pas qu’il soit si important qu’il soit réalisé lors d’une compétition. D’ailleurs, je suis même étonné qu’ils ne choisissent pas d’aller sur une piste de 400 mètres. Bon, 105,5 tours, ça peut vite donner le tournis. Effectivement ce genre de projet accroît un peu plus le fossé dans entre les coureurs de haut niveau et les amateurs. Alors que ça doit être l’un des seuls sports où les deux peuvent s’aligner sur la même compétition. 

 

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– Je vais donc bien conserver cette photo, au cas où que je ne puisse plus m’approcher des pros –

Finalement, ce que je regrette le plus, c’est qu’on essaie de précipiter une performance qui, de l’avis d’une majorité, finira par arriver. Mais c’est aussi ce qui la rendra encore plus extraordinaire. Et surtout je suis heureux que l’IAAF ait oublié, pour l’instant, son projet de réduire la distance du marathon à 25 miles, soit 40 kilomètres et des poussières pour permettre de passer sous les 2 heures. N’hésitez pas à me donner votre avis !