Ah Valence !

Sa paëlla (que je n’ai pas goûtée) , ses churros (que j’ai peut être trop goûtés), sa plage, que de belles choses à y voir.

Sauf que nous ne sommes pas venus pour parler tourisme, mais bien course à pied.

Ah Valence ! Son marathon !

Le marathon de Londres terminé en 2h41, j’ai tout de suite eu envie de trouver une destination de 42,195 km pour tenter à nouveau de passer sous la barre des 2h40. Après tous les calculs nécessaires pour prendre en compte la récup, la prépa et le calendrier des marathons roulants, j’ai jeté mon dévolu sur Valence et son parcours classé gold label par l’IAAF.

Après avoir passé un été agréable entrecoupé d’un hiver autrichien, je suis retourné au travail sous la houlette de Coach Vincent (d’ailleurs, il lance son club). Il m’avait déjà suivi pour Londres et vu que ça s’était globalement bien passé, on a rempilé.

A la suite d’une belle prépa et d’un échauffement un peu court, me voilà dans mon sas pour profiter d’un marathon dans de bonnes conditions. Il fait beau, et pas trop chaud à ce moment.

– avec les copains d’adidas Runners Bastille –

La stratégie de départ

Ma plus grosse difficulté finalement c’est que pour une fois, je ne sais pas vraiment comment partir.

J’hésite encore.
Soit je tente le tout pour le tout et essaye de courir en 3’40/km, puisque ça passait dans la prépa. Ce qui m’autoriserait la gloire d’un 2h35. Mais je sais que les chances sont infimes voire nulles.
Soit j’attaque l’objectif déjà sérieux, et qui était mon cap initial, de 2h37.

L’incertitude demeure jusqu’au départ.

Arrivé un peu tard dans le sas. Je me retrouve un peu coincé et j’essuie avec frustration, mais aussi avec chance un premier kilomètre en 3’55. Avec chance parce qu’en relançant dès que j’en ai l’opportunité, mon corps m’explique tout de suite que 3’40/km c’est trop rapide pour moi sur 42km.

Et bizarrement arrive un truc que je n’avais jamais fait, je cours un peu à la sensation, je continue de regarder ma montre très souvent, parce que c’est mon toc de coureur. Cependant je ne cherche pas à compléter les kilomètres à la seconde près. Elle me sert simplement d’indicateur pour confirmer que mes sensations correspondent bel et bien à l’allure marathon.

La stratégie sur le tard

Le départ est suivi de 10-15km à la recherche d’un groupe avec lequel courir. Je me souviens de l’un des derniers conseils de Vincent sur un 3x5000m en tandem : il faut que tu apprennes à laisser les autres faire le travail. C’est vrai que j’ai parfois tendance à dépasser quand je me sens un peu facile à l’abri. Une bonne solution pour perdre de l’énergie.

La stratégie me convient, mais je veux trouver la bonne allure. Je dépasse plusieurs petits groupes. Jusqu’à tomber sur un frenchy qui après m’avoir demandé mon objectif me propose de courir avec lui. Après 1 ou 2 km, on trouve un groupe plus gros que je finis par trouver trop lent et je pars devant.

Je finis par me faire rattraper, par un nouveau groupe, avec le même français, mené par une certaine Georgina. Une petite tape sur l’épaule et il me dit que les filles sont plus régulières que les mecs et que je ferai donc mieux de courir avec elle.

Le temps de vérifier que l’allure me convient, j’embarque dans le train. Georgina et son lièvre ont plutôt fait le job. J’ai suivi le tempo pendant quasiment 20 kilomètres Jusqu’aux environs des 33 ou 35 kilomètres ou j’ai un petit coup de mou et je lâche le groupe qui n’en était en fait plus vraiment un, mais il me reste Fab venu me donner un coup de main et sa casquette du TRC au 26e km.

– à bord du train Georgina –
🚂 tchou-tchou 🚂

Concentré

Globalement c’est un peu l’histoire de la course. Je n’ai pas énormément de souvenir, si ce n’est de m’être énormément concentré sur mon corps et mes sensations.

Je ne suis sorti de cette bulle que rarement.

Quand les supporters m’appelaient. Un grand MERCI à vous tous !
Et au passage du semi. Je regarde ma montre. 1h18’06. Je repense au semi de Paris 2017 que j’avais terminé en 1h18’22. Je profite un peu des progrès réalisés.

Le lendemain j’étais étonné de voir la ligne bleue du marathon dans certaines rues.

– j’ai terminé avec l’aide de mon lièvre, Fab
merci copain

Finalement, je franchis la ligne d’arrivée en 2h37’25. Le cap initial était le bon et je suis bien conscient que si je m’étais entêté à courir en 3’40 j’aurai explosé complètement.

Je crois avoir bien géré ma course, j’ai relancé quand je pouvais et subi quand il le fallait. Pour que tout soit parfait, il aurait fallu un chrono de 2h36’59 mais je suis content.

Le bilan est vraiment positif

Gagner 3 minutes 45 entre Londres 2018 et Valence 2018, c’est une sacrée marche. Aussi, je signe le sub 2h40 dont je rêvais en début d’année.

En regardant mes kilomètres sur strava, je me suis rendu compte que courir en se concentrant sur mes sensations étaient la bonne option. Les temps sont assez irréguliers mais ils montrent les phases de relance et de récup’.

Ça explique certainement pourquoi je n’ai pas eu d’énorme cassure sur ce marathon et ça m’a rendu la tâche plus facile. Toute la course m’a paru passer très vite alors que j’avais trouvé le temps très long sur la 2e moitié à Londres. D’ailleurs j’ai perdu moins de temps.

Ainsi, avec le recul, ça a peut-être été le moins dur de mes marathons en termes de sensations et de douleurs. C’est vraiment chouette puisque ça me laisse envisager encore quelques progrès sur la distance.

Maintenant je profite d’un peu de repos avant d’attaquer les cross certainement.