4 mois de préparation, et le fameux dimanche du Marathon de Londres est arrivé.

Pour résumer, c’était finalement un marathon assez classique dans le sens où il y a un élément dont j’étais certain et qui ne dépendait que de moi : ma prépa et l’autre où je ne pouvais rien faire : le climat.

– yapluka –

¡qué calor!

Ma seule inquiétude dans le mois qui précédait ce marathon c’était d’éviter le cliché du temps londonien avec la pluie et le vent.

Marie vous dira qu’il faut que j’arrête de former des requêtes météorologiques parce qu’elles fonctionnent un peu trop, comme lorsque l’été dernier j’avais réclamé du froid (la légende fait même état d’une “danse du 10°”), bingo on s’est bien gelé le cul cet hiver.

Cette fois-ci encore ça n’a pas loupé, on a eu le droit à un bon coup de chaud londonien.  Avant le jour J, ça ne m’a pas inquiété plus que ça, j’ai toujours considéré que je résistais plutôt bien à la chaleur sans me douter que j’étais sur le point d’apprendre un truc.

Du coup ma seule inquiétude la veille sont une gêne à une côte parce que j’ai fait le con avec Roland une semaine avant et une fièvre qui commence à pointer le bout de son nez.

Comme tout bon marathonien je suis têtu alors un doliprane et j’oublie tout.

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– ne me remerciez pas pour la neige –

Ma perception de la chaleur a bien changé quand j’arrive le matin dans la zone du départ. Il est 8h45, le soleil tape déjà bien et il reste plus d’une heure pour que la température monte vu que le départ est à 10h. D’habitude, il ne fait pas très chaud, ce qui explique un départ si tardif.

Globalement au top départ c’était parti pour 24° en plein soleil. Au moins j’aurais participé à un record, celui du Marathon de Londres  le plus chaud jamais enregistré.

Bien conscient que ça serait un vrai problème, j’ai religieusement appliqué les mêmes gestes sur toute la course pour m’éviter le pire.

Avec un ravito en eau à chaque mile, je me suis mouillé et j’ai bu une petite gorgée à chaque fois. Pas la peine de boire beaucoup d’un seul coup, on ne peut pas assimiler l’eau si vite. Boire trop peu même poser pas mal de problème.

 

Tout le temps ?

Tout le temps !
Même quand je commençais à en avoir marre de boire.
Même quand j’avais tellement chaud que le fait de me refroidir me ralentissait, comme si le choc thermique me figeait les muscles.
Bref, même quand c’est devenu très désagréable de boire et de m’asperger, je n’ai pas remis en question ces gestes.

Je pense que ça a sauvé ma course, surtout vu à la vitesse à laquelle je me réchauffais. A partir du 30e km j’attendais le moment où mon corps arriverait totalement à bout, mais cette rigueur m’a évité le pire.

Bien préparé

Comme annoncé je visais moins de 2h40 (3’47/km de moyenne) pour ce marathon de Londres. Secrètement j’imaginais que je pouvais même faire un peu mieux du coup je m’étais dit que je partirai en 3’45.

Un petit coup de fil la veille du coach, Vincent, qui m’a suivi et aidé à me préparer pour ce marathon pour fixer les derniers détails et la stratégie. En résumé :
– bois bien
– mouille toi
– putain t’as pas de casquette,
– t’excites pas trop au début et reste en 3’45
– prends des risques en 35e et accélère !

– spoiler alert : ça ne s’est pas tout à fait passer comme ça –

Malgré la chaleur, l’objectif n’a donc pas changé. Têtu j’ai dit.

Jusqu’au 15e km je me sens assez bien dans mon 3’45/km. J’ai même presque failli oublier de prendre mon gel du 10e km, qui est devenu celui du 11e. Je ne m’enflamme pas. Comme pour lutter contre la chaleur, je tâche de rester rigoureux.

Mais après le 15e, ça se corse un peu. Je sens que l’allure devient moins facile et j’ai besoin de relancer pour la garder. Je commence à piocher déjà dans les réserves. Un peu relou quand t’as à peine passé le tiers, mais je suis prêt à serrer les dents.

Entre le 28e et le 29e, je prends un premier mur avec un véritable baisse de régime. Je regarde ma montre, je suis en 4’20. Je me relance rapidement et j’e réussis à remettre la machine en route. Au 33-34, la deuxième lame arrive, je sens que ma réserve est passée, je ralentis par la force des choses.

Au 35e je repense aux mots de Vincent et j’essaie de relancer pour la forme. J’ai dû réussir à tenir en 3’45 pendant 300m avant de passer en 4′.

C’est là que mon hobby principal sur marathon, compter le temps, devient assez dur.

A chaque panneau de mile ou de km je fais mes calculs. Je me dis « aller, c’est encore possible le sub 2h40, relance ! ».
Mais j’ai tellement mal aux quadri que c’est à peine si j’arrive à tenir le cap. Au 38e, je sais que je ne suis plus dedans mais je fais encore du mieux que je peux pour tenir, parce qu’il y a quand même un RP à la clé et que je n’ai pas le droit finir 4 mois de prépa sans tout donner.

 

Jamais 4km m’ont semblé aussi long. C’est tout juste si j’arrive à me relancer au panneau du 25 miles en pensant fort “ 4 TOURS DE PISTE PUTAIN”. Mais quand t’es sec comme un carton et que t’as la relance d’un tronc d’arbre, 4 tours de piste c’est trop long.

Je passe enfin cette ligne. 2h41m07s à la montre, qui sera aussi celui de la puce. Mon premier sentiment c’est quand même la déception.

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Déçu ?

Forcément, je m’entraîne dur, je m’investis beaucoup pour mes objectifs sportifs. Donc ne pas arriver à faire ce que je veux me laisse un goût un peu amer. Déjà que lorsque je réussis totalement, je ne suis pas complètement satisfait.

Mais au fur et à mesure ma déception est un peu retombée.

Déjà lorsque tous les bénévoles à l’arrivée t’applaudissent et te félicitent ça te remonte le moral.

Ensuite en analysant les performances d’un peu tout ceux que je connais de près ou de loin, j’ai compris que oui, la chaleur joue un rôle important.

D’ailleurs un fait simple m’a fait revenir à la réalité. Dans le classement 2017 avec mon temps j’était 352e. Là je suis 167e (si on ne compte pas les élites, chelou leur classement). Un tel écart tend à me laisser penser que la météo était plutôt source de contre performance que d’une simple bronzette.

Enfin j’ai quand même gagné 8 minutes sur mon meilleur temps, et je sais bien que ce n’est pas anodin quand on arrive à ce niveau.

– double RP avec Marie-

Le Marathon de Londres, on en pense quoi ?

Tout était très bien organisé et je n’ai pas vu d’accroc. Mon seul bémol niveau orga c’est qu’à part deux ravitos gel, il y a que des liquides prévus. Pas de sucres, de bananes, ou autres.

Niveau parcours, comme j’aime chipoter je dirai que ce n’est pas aussi roulant que ce qu’on m’a vendu. Il y a pas mal de petites montées ou faux plat. Je ne sais pas s’il est beau, le seul truc que j’ai retenu c’est quand on arrive sur le London Bridge au 20e km, c’était vraiment beau et impressionnant. C’est le seul paysage qui m’a sorti un peu la tête de la course. Enfin, les 7 derniers kilos de lignes droites n’ont été qu’une lente agonie.

L’ambiance est au-dessus de celle que j’ai pu connaitre à Berlin ou à Paris. Toute la ville vibre pour ce marathon, c’est assez magique. Ca rattrape largement le reste.

– gros point positif, le fish & chips après la course. Hein Titi ? –

La suite ?

J’ai toujours faim, j’ai envie de faire mieux, je pense que je peux faire mieux. Je me chauffe déjà pour faire un marathon en fin d’année et tenter encore ma chance pour améliorer cette nouvelle marque.

– j’espère qu’il y a des arbres à Valence –

Travail d’équipe

Un marathon ça se court seul, mais heureusement qu’il y a beaucoup de gens qui m’entourent et qui m’ont aidé et soutenu aux quotidiens.

Merci  Vincent pour tous tes conseils et cette belle prépa.

Merci Marie pour me supporter tous les jours et bravo pour ton RP !

Merci à tous mes partenaires d’entrainement, merci à tous ceux qui m’ont envoyé un petit message, vraiment ça me touche. 

Merci à la meilleure de team de Paris qui me pousse à me dépasser à chaque nouvel objectif.

Et évidemment merci Papa pour l’un des massages les plus douloureux que j’ai connu !

– ça fait mal ? oui ! –
#PLS