Après deux triathlons olympiques et une bonne dose d’appréhension, je suis allé me mesurer pour la première fois sur un triathlon longue distance à Vichy, pour l’Iron Man 70.3.

Avant d’arriver à Vichy, j’avais déjà la certitude que j’arriverai au bout de l’épreuve, mais en combien de temps et dans quel état ? #VraieQuestion

Dans mon dernier article, je vous disais que 6h serait un temps correct et que 5h30 serait un bon temps pour une première.

Dans ma tête, j’avais fait un découpage assez limpide.

– 40 minutes pour les 1,9km de natation. Mon allure habituelle avec une légère marge.

– 3h pour les 90km de vélos. Soit 30km/h de moyenne, sachant que sur 40km en triathlon j’ai tenu au mieux 32,6km/h à Feins. Je ne suis pas certain d’arriver à tenir cette intensité pendant 3h.

– 1h40 pour le semi-marathon. Je vous avoue que je m’imaginais difficilement partir sur une allure si lente par rapport à mon niveau de course à pied, mais je me suis laissé une marge dans ma tête car je n’ai jamais couru un semi après 3h de vélo à fond. Comme je ne savais pas trop comment le corps réagirait, je me suis laissé le droit de craquer un peu et puis peut-être que ça pourrait rattraper un éventuel mauvais temps sur le vélo.

– 10 minutes pour les deux transitions cumulées. Parce que si on est sérieux, on sait que ce n’est pas cette année que j’arriverai à sortir une transition en moins d’1 min 30.

 

Et en réalité ?

En réalité je me sous estimais.

La natation, comme à la piscine

– ce que j’espérais –

Je pars avec l’idée de faire 40 minutes au plus. Normalement avec mon allure en piscine je suis censé pouvoir nager en 38 minutes.

Petit plus, cette fois je n’ai pas à me poser la question de partir dans le paquet ou devant parce qu’en ce moment, la franchise Iron Man met en place le rolling start au départ des triathlons qu’elle organise.

Kézako ?

Un depart de 3-4 coureurs toutes les 5 secondes au lieu d’un gros départ groupé dans l’eau.
L’avantage c’est qu’on peut nager sereinement dès le début.

Je saute dans l’eau, sans combi parce que l’eau est à plus de 25C° et je commence à nager.

L’eau n’est pas très claire mais on voit quand même à 1 ou 2 mètres, ça sent l’essence de temps en temps mais rien de grave.

Globalement j’ai eu les mêmes sensations qu’en piscine.

Un départ un peu rapide jusqu’à ce que j’aie les épaules qui se durcissent un peu et que je trouve un bon rythme de croisière.

Je me sens très bien et de temps en temps j’appuie un peu plus fort sur les bras pour accélérer.

Apres le demi tour, j’ai la nette sensation de nager plus vite qu’en piscine et je me dis que 36 minutes ça devrait être possible.

C’était sans compter sur ma capacité certaine à nager en zig zag. Effectivement quand je lève la tête je vois toujours le peloton à la gauche ce qui m’oblige à repiquer au centre.

– ce qui est arrivé –

Je sors de l’eau, je regarde ma montre en m’attendant à voir un temps inférieur à 38 minutes.
Raté 39:59 : au moins je n’ai pas perdu de temps sur mon objectif.

Avant de passer à la suite, je souhaite faire une dédicace au mec qui nageait le crawl avec seulement un bras et en tenant sa Go Pro dans l’autre main.

Allez j’attaque la transition qui est assez longue. Il y a beaucoup de distance à couvrir avant de retrouver le vélo.

Je bois un peu de powerade en chemin, j’enfile mes chaussures et j’attrape Marine.

Le vélo, la belle surprise

– C’est parti pour le vélo –

Le vélo c’est ce qui fait le temps final. En effet, ça représente plus de la moitié du temps de l’épreuve totale et surtout, si on est sérieux sur le vélo, notamment en terme de ravito, on prépare aussi la partie CàP qui doit suivre.

Mon objectif de départ c’est de rouler à 30 km/h. J’ai aussi préparé mon plan ravito :  boire tous les 5km en alternant entre eau et Powerade. J’ai également prévu quelque chose à manger tous les 10km à partir du 30e km. L’idée c’est de garder une glycémie élevée pour tenir une bonne intensité.

Tout se passe plus que bien, à part que je me fais dépasser de toute part. Je garde en tête que mon objectif c’est un temps et non une place, je ne me démoralise pas.

Je fais un premier check de ma moyenne de vitesse aux alentours du 30e km et je suis largement au-dessus de ce que je m’étais fixé, j’avais un peu plus de 32km/h de moyenne. Je sens bien mes jambes et j’ai la franche sensation que j’arriverai à garder le rythme sur les 2/3 restant. Mes nombreuses sorties longues à l’entrainement m’ont bien aidé sur cet aspect là. J’arrive à me projeter plus loin pour savoir si j’en ai encore sous le pied ou pas.

Je profite un peu du paysage, on voit les montagnes au loin tandis qu’on passe entre les champs et les petits villages. eeeet je me fais doubler par un peloton. On avait dit pas de drafting les gars. Difficile pour les arbitres de surveiller 90km de route mais j’aurai quand même vu trois-quatre cartons bleus sortis, synonyme de pénalité.

 – quand ça roule en peloton – 

Les quelques montées franches du parcours se trouvent un peu après le 65e km. Je les ai aimées autant que je les ai maudites. Je les ai maudites parce que ce sont des montées. Je les ai aimées  parce que ce sont les seuls moments où j’ai pu dépasser… avant de me faire reprendre sur le plat ou la descente.

Entre le 70 et 75e km, je commence à faire des calculs. Je sais que serai sous les 3 heures, largement, et je comprends qu’il est possible de terminer en moins de 2h45. Je commence à ajouter mon temps de natation et mon estimation pour les transitions et d’un coup je me dis que je peux tenter le sub 5 heures avec une bonne course à pied.

Sur le dernier km je lâche mon gros plateau pour mouliner un peu. Je tente de retirer mes pieds des chaussures pour accélérer ma transition. Je réussis à en enlever une sur deux. Du coup je perds un peu de temps en toute fin de vélo mais ça n’a pas été comptabilisé dans la T2 alors tout va bien !

Je termine les 90km en 2h43, soit 33,9 km/h de moyenne. C’est une très belle surprise pour moi et au moment de quitter le vélo je suis déjà très satisfait.

la course à pied, la remontada

– le mec qui n’a pas pris le temps de refaire son lacet –

Allez, j’enfile mes chaussures, je récupère les pâtes de fruit que je me suis laissé, je mets ma casquette et c’est parti mon kiki !

J’ai un peu stalké sur strava l’épreuve de l’an dernier donc je sais qu’en général les coureurs craquent vers le 16e km. Je pars donc en me disant que si je tiens jusque là sans exploser ça ne sera pas trop mal.

Je ne m’emballe pas, j’y vais un peu au feeling. Je cours en footing rapide on va dire. C’est-à-dire que je ne me fatigue pas trop mais je ne traîne pas non plus.

Je me rends vite compte que les triathlètes sont meilleurs cyclistes que coureurs parce que je remonte une sacrée foule sur les 21km.

Ils avaient annoncé de grosses chaleurs, finalement le soleil n’a commencé à taper que sur les 10 derniers kilomètres et le parcours est quand même assez ombragé donc je n’ai pas trop subi.

Niveau ravito, je m’étais prévu une pâte de fruit pour le départ de la course à pied, et pour les 10e et 15e km. Je bois aussi à chaque ravito de l’organisation, et ça fait beaucoup de verre de Saint-Yorre.

Je boucle les un peu moins de 21km en 1h27. Je me sens plutôt bien à l’arrivée et simplement heureux d’avoir réussi à boucler mon premier 70.3 en moins de 5h !

Moralité ?

Forcément quand tu annonces que 5h30 ça serait bien et qu’au final tu claques 4h57, t’as pas grand chose à dire à part que t’es content comme un enfant devant une glace.

Mais comme j’aime être relou avec moi-même j’ai déjà en tête les points d’amélioration.

Globalement, j’ai indéniablement bien géré ma course. J’avais toujours cette petite inquiétude qui me soufflait que ça ne tiendrait pas, mais ça ne me change pas des courses habituelle. Mais je ne me suis jamais senti au bord de l’explosion. Traduction : je crois que j’aurais pu aller un peu plus vite, d’ailleurs je n’ai pas éprouvé le sentiment de délivrance, que je peux avoir sur un marathon par exemple, en passant l’arrivée.
Ceci dit, quand on découvre une distance c’est compliqué de donner son maximum. Alors il vaut mieux se laisser découvrir le truc.

Grâce au classement détaillé, je sais tout de suite ce que je dois travailler pour progresser : le vélo.

Oui je suis content de mon temps mais c’est le 800e temps sur 1900 environ. Ca montre le chemin qu’il me reste à faire!

En natation aussi, je suis un peu à la ramasse avec le 559e temps mais je n’ai pas l’impression d’avoir une grosse marge de progression. Bon pour commencer peut être que je pourrais nager un peu plus droit !

C’est vraiment la course à pied qui me fait remonter au classement final, puisque je suis 83e mais j’ai l’impression que j’aurais pu tenter de forcer un peu plus. On verra ça une prochaine fois !

Pour finir, j’ai envie de remercier mes supers supporters, d’abord Marie, ma grande Iron Fan et Iron Girl, Alice et Maxou, et enfin Stéphane auteur d’un bel Iron Man le lendemain en moins de 11h (encore bravo) !

– Iron Girl ! –

Prochain rendez-vous : le 9 septembre pour l’Evergreen Endurance 118. Un longue distance dans la montagne !