La chance, cette girouette

L’an dernier, j’ai eu de la chance. En remplissant le sondage de l’orga du half de Vichy, j’ai gagné, par tirage au sort, un dossard pour un 70.3 où je voulais en Europe.

La date me convenait, les photos dignes de cartes postales proposées par Google Images aussi, j’avais donc choisi de participer à l’épreuve de Zell Am See, dans le Tyrol autrichien.

Un an plus tard, la chance ne pas m’a pas suivi. Un peu plus d’une heure avant le départ de la course, on apprend que le vélo est annulé, le parcours étant devenu impraticable du fait des conditions météos.

 

Je m’étais pourtant mentalement préparé pour affronter 90 km de coups de pédales sous la pluie. J’avais réussi à dissiper mon anxiété en me rappelant que le vélo sous la pluie de Feins s’était passé sans accroc.

Mais la neige et le possible verglas, vu les températures, c’est encore une autre paire de manches. Ce qui est relou, c’est seulement d’avoir trimballé Marine jusqu’en Autriche pour rien.

Peu importe, ça reste un triathlon assure le speaker, 3 épreuves : Swim, Run, Fun ! Il était plus chaud que le soleil qu’on n’a pas vu en 3 jours ce type.

– à la recherche du soleil –

Plutôt serein

Je n’ai jamais enchainé natation et CAP et dans mon esprit ça ne devait pas poser plus de problème que ça. Je vise de nager les 1900 mètres en 38 minutes au plus et de tourner vers 1h21-22 sur le semi.

A Vichy, j’avais couru le semi en 1h27 après la natation ET le vélo.  Du coup si j’enlève le vélo de l’équation, je me retire 3h d’efforts grosso modo. Je me dis même que niveau classement je devrais être un peu mieux. En effet, l’épreuve à deux roues est celle sur laquelle je suis le moins bien classé à chaque fois.

Beaucoup de triathlètes n’ont visiblement pas eu la même réflexion. 2584 inscrits, 1599 finishers, le reste sont tous DNS.

SPOILER ALERT, mes projections étaient fausses.

– Marine, sortie pour rien. Comme tant d’autres –

C’est parti pour un swimrun

Malgré le départ décalé de 11h à 13h, il fait assez froid. Trois jours de nuages et de pluie ont permis une belle chute des températures. On a quasiment vécu en hiver en cette fin de mois d’août avec Marie.

J’enfile ma combi qui me tient bien chaud. En revanche j’attends le départ pieds nus dans le sas. On se gèle les orteils.

J’attends patiemment le rolling start pour partir à la natation. Ce système est cool parce que ça permet de ne pas partir en paquet. En revanche c’est looooong.

Théoriquement le départ est donné à 13h20 pour les amateurs, je crois être parti autour de 13h40 en étant dans le 2e ou 3e sas. Soit le sas 30-35 minutes (les sas sont triés selon le temps projeté en natation), oui je voulais partir plus tôt alors j’ai grugé le sas.

– le mois d’août à Zell Am See –

– le mois d’août ailleurs –

Le Swim

Dès que je mets les pieds dans l’eau, ils se réchauffent. La température est autour de 20°C, bien plus chaude que l’air. C’est le petit plus.

Globalement, la natation se passe bien. Je suis parti un peu vite, je me suis calmé et j’ai relancé un peu à la toute fin. Je parcours ces 1900 mètres en 37’14″ en limitant, un peu, les zigzags. Plutôt satisfaisant.

Je sors de l’eau avec le cardio assez élevé, mais ça passe le temps que j’enlève ma combinaison, mette mes chaussettes, mes chaussures. Je ne sais pas trop pourquoi, mais cette transition prend un temps infini.

Le Run

Je commence à courir. Ma trifonction est mouillée, du coup j’ai quand même assez froid. Toujours pas de soleil et la température doit être à peine plus élevée que 10°C. Mon plan c’est de partir en 4’/km et d’accélérer quand je serai un plus chaud.

C’est l’inverse.

Je tiens cette allure pendant 4-5 kilomètres. Après ça je lutte. J’ai l’impression d’avoir un cardio trop élevé et les jambes trop froides. J’ai de mauvaises sensations, je trouve ça long et j’ai presque envie d’arrêter avant la fin. Je ne trouverai jamais un second souffle. Je ralentis. C’était un jour sans.

1h26’24 » pour ce semi. Plutôt décevant.

Le Fun

Un sprint final au coude-à-coude sur les 100 derniers mètres. Ceci dit je n’aurais pas dû, j’ai eu mal aux cuisses pendant deux jours à cause de ça. Un sprint à froid ce n’est pas terrible.

Passé la la ligne, je boucle ce Swim Run Fun en 2h07’59. Classé 818e en natation et 285 en CAP, ce qui sera aussi mon classement final.

 

Le bilan

J’ai vécu une course très différente de ce que j’avais projeté. Le vélo fatigue les jambes, certes, mais il a le mérite de les chauffer correctement. Surtout, en vélo j’aurais eu le temps de sécher. Je pense que ça aurait modifié la physionomie de ma course à pied.

En effet, j’ai couru quasiment aussi vite qu’à Vichy. Le problème c’est que j’avais la sensation de ne pas pouvoir avancer, alors qu’à Vichy je n’avais pas trop dû forcer.

J’ai hésité à profiter du décalage de l’heure de départ pour aller chercher des vêtements running pour ne pas courir en trifonction. La prochaine fois je saurai qu’il faut le faire. Ça n’aurait pas été la même chose de courir avec un short qui ne colle pas à la peau.

Enfin, je pense qu’il faut que je change de trifonction. J’ai déjà eu la sensation auparavant qu’elle me comprimait trop la poitrine. La compression, c’est utile pour la natation, mais sur la course à pied ça gêne la respiration. Je l’ai bien senti à l’arrivée. A peine dézippée, j’ai cru me découvrir un 3e poumon.

Bref, c’était pas terrible. Mais j’ai pu découvrir le Swim Run, et en apprendre un peu plus sur l’importance de bien choisir son matos.

Ah, et aussi, il faut que j’arrête les triathlons montagneux de fin d’été.

– le plus important, évidemment –