Le bitume c’est la vie, mais le week-end dernier j’ai tenté ma chance sur le Trail des Passerelles.

MAIS POURQUOI LE TRAIL DES PASSERELLES ?

C’était le constat de la saison cross, il fallait que je trouve un truc pour m’aider à m’améliorer, et mon regard s’était naturellement tourné vers le trail.

Jusque là mon expérience du trail se limitait au 30km de l’écotrail en 2015 à l’arrache et sans dossard, et sur triathlon lors de l’Evergreen Endurance en 2016 et 2017. Globalement, pour moi le trail se rapproche plus du crapahutage dans la montagne que de la course à pied.

Vu que plusieurs copains de Bastille était inscrits sur le Trail des Passerelles, j’ai un peu regardé le site, j’ai hésité. Et j’ai fini par choisir une distance assez courte, 24km avec 1200m de D+, et encore quand je me suis inscrit je souhaitais trouver quelque chose plus proche de 20km. Je n’avais pas envie d’y passer une demie-journée, voire plus, non plus.

L’objectif évident était de se mettre dans le dur pour la première fois sur un trail et pas seulement de finir.

– avec les copains –

PRÊT ?

J’ai fait au mieux. Dans le mois qui a précédé, j’ai pris les escaliers au boulot plutot que l’ascenseur pour arriver au 13e étage, j’ai fait quelques footing en côte, du fractio en côte et une petite sortie aux 25 bosses.

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Je pense que pour être mieux, il me fallait plus de temps. Mais c’est honnêtement pas si mal étant donné que 95% du temps je cours sur du plat habituellement.

Niveau matos, j’ai mes Terrex et mon sac de trail premier prix. Il sera rapidement remplacé par Flo qui m’a prêté tout son matériel sans sourciller pour que je sois dans les meilleures conditions. Soit le le camel back de compèt’, les bâtons et les gourdes qui vont bien. Merci copain !

Pour le temps escompté, après avoir retourné le tracé dans ma tête, étudié toutes les possibilités sur le profil et des segments strava retrouvés, j’ai longtemps tablé sur 2h15-20 pour finalement me raisonner à 2h30.

Le dernier détail important est que ma course part à 15h30. Celle de Marie étant plus tôt le matin à 10h, j’ai tout fait pour m’abstenir d’aller à droite à gauche et de rester au soleil pour éviter de me fatiguer les jambes et surtout un coup de chaud.

YAPLUKA

Après un échauffement un peu moyen et toute une présentation à laquelle je n’ai pas tellement prêté attention parce que trop pressé de débuter, le top départ est donné.

J’ai noté que le speaker avait annoncé 5km plutôt roulant au début, et le profil imprimé sur le dossard laissait penser la même chose.

Pour résumer, on va dire que c’était roulant mais pas pour quelqu’un qui est habitué à faire de la route.

Je suis parti assez vite, je me suis accroché dans les premières montées pour garder le rythme. J’ai une grosse montée de chaleur et tout de suite les jambes assez douloureuses.
J’ai l’impression d’avoir fait deux erreurs. D’abord sur l’échauffement un peu court, à raison.  Ensuite les deux kilos d’eau embarqués qui pèsent un peu trop à mon goût. Je suis à peu près dans la tête de course et je vois bien que personne n’est équipé comme moi. Je me rendrais compte plus tard que j’avais bien ce qu’il fallait. Surtout que je ne suis pas forcément habitué à me taper des grosses montées sous le soleil de juillet… à 16h.

Après 5km plutôt rapide et avec plus de dénivelé qu’estimé, je passe la passerelle du parcours. Interdiction de courir, c’est vrai que ça bouge pas mal, j’en profite pour sortir les bâtons. La partie trail commence après la passerelles Cette première partie “roulante” m’a bien rincé et j’ai déjà un coup de moins bien. Mon rythme en prend un coup. Ce n’est pas très grave étant donné que la côte rouge commence un kilomètre plus loin. Il faudra compter 4 kilomètres à 10% de moyenne.

L’ENFER

Me voilà en train de marcher, je m’y attendais évidemment. 35 à 40 minutes pour parcourir ces 4 kilomètres, c’est long. C’est  ce qui fait que je n’ai pas d’appétence particulière pour le trail.

Je suis toujours dans mon coup de moins bien et j’en ai plutôt marre. Ça tombe bien, je n’en suis même pas à la moitié de la côte. Je me fais une raison car je sais bien que c’est la plus grosse difficulté de ce parcours du Trail des Passerelles

Pousse sur les bâtons, marche vite, c’est mon mot d’ordre. Je m’efforce aussi de suivre le conseil de Flo qui me disait de courir quand je peux. Alors dès que ça monte un peu moins dur je lance quelques foulées jusqu’à ne plus pouvoir.

Le premier ravito de la course est au 7,5 km, au 1er gros tiers de la montée, je le passe sans rien prendre et je continue. J’ai toujours aussi mal aux jambes au fur et à mesure que je grimpe mais je sens que mon coeur revient que j’aurais le droit à un second souffle une fois que ça sera terminé.

DESCENDRE ÇA S’APPREND

Une fois le sommet du parcours atteint, il y a pas mal de descentes entrecoupées de jolies montées.

Si monter fait mal au coeur, descendre ça démonte clairement les jambes.

Clairement, je n’ai jamais travaillé la descente et je sens bien que ça piquera après. Cependant, mon plus gros souci dans les descentes sont les points de côtés.

Descendre rapidement demande de respirer un peu différent, j’imagine que le rythme mais aussi les chocs l’imposent. Du coup j’ai pas mal de points de côté dans les descentes mais j’arrive à m’en défaire.

Quand la pente est un peu raide pour moi, je fais des petits pas pour ne pas me laisser emballer. Lorsque ça ressemble plus à du faux plat je me lâche plus et ce sera les moments les plus plaisants de Trail des Passerelles.

Il y a eu une petite séquence que j’ai beaucoup apprécié entre le 14e et le 16e km, dans la forêt en descente. Ça contrebalance presque l’enfer de la montée.

LES PROBLÈMES PHYSIQUES

Descendre ça demande de rester vigilant. Vers le 22e kilomètre, alors que j’ai l’impression que je peux courir de manière plus relâchée… patatra. Je me prends le pied dans un truc, la fatigue et le manque d’attention sans doute. La chute est assez rude et je me retrouve à plat ventre le souffle coupé. Je me relève, je cherche mes bâtons et je repars sans trop de souci sur le coup. 

Une fois que tout est refroidi, on dira que la côte fêlée à cette occasion sera un bon souvenir de course.

 

Outre cette péripétie, je manquais un peu de fond. Depuis le marathon de Londres je n’ai plus fait de sortie longue en course à pied. C’est donc sans surprise qu’au bout de deux heures de course, j’ai un franc coup de moins bien. Alors que j’ai passé une heure où j’étais plutôt en forme. A tel point que je me suis même arrêté en descente pour reprendre mon souffle.

A ce moment, je sais que l’arrivée est proche donc je serre les dents et j’avance avec ce qu’il me reste.

Une fois que je passe la ligne d’arrivée, je m’assois pour m’en remettre. Je suis cassé.

RAVITO

Avec un départ à 15h30, il faisait chaud, je suis donc parti avec 2L d’eau. Au début je prévoyais de boire un peu toutes les 10 minutes. Mais j’ai eu tellement chaud que j’ai bu plus souvent et au feeling sans trop suivre de timing. Une fois plus à l’ombre dans la forêt j’avais moins soif, mais j’ai bien pensé à boire pour éviter le contrecoup.

Niveau bouffe j’avais prévu :
– deux gels Project E2 Nutrition,
– deux pâtes de fruit Lucho Dillitos
– des cacahuètes salées pour garder un bon niveau d’hydratation.

Finalement, j’ai laissé un des deux gels et je n’ai pas touché aux cacahuètes, profitant des Tucs dispos sur le 2e ravito au 16e km.

BILAN ?

2h26m50s au chrono. J’étais un peu déçu à l’arrivée. Le fait de voir les autres traillers courir dans des montées où j’étais totalement sec m’a un peu frustré. Il me manque clairement de l’entrainement là-dessus.
Avec le recul, je suis quand même satisfait, j’arrive 22e sur un peu plus de 1.000 finishers et j’ai réussi à donner le meilleur de moi-même. Je m’en suis bien rendu compte sur mon décrassage. S’il y a clairement un gap entre ceux qui étaient devant et moi, cette expérience reste encourageante.

Ce Trail des Passerelles me laissera finalement un chouette souvenir. Mais je n’irai pas jusqu’à dire que je vais arrêter de courir sur bitume qui reste ma discipline de coeur.

Le parcours était beau de ce que j’ai vu, notamment la vue sur le lac de Monteynard, je vous avoue que j’ai assez peu levé la tête. De plus l’orga est vraiment top et les bénévoles très sympa. Il y avait une super ambiance sur le village et il y a surtout des barbecues en libre service pour attendre les copains. Du coup je ne peux que vous recommander de participer à la prochaine édition si vous cherchez un trail estival en 2019.