– photo Eat & Run

Après m’être remis de mes émotions du Semi de Paris, je m’étais mis en tête de prendre ma revanche sur la distance. Je ne voulais pas que 2017 soit empreinte d’un aussi mauvais souvenir de 21km.

Pour ce faire, j’avais choisi le Semi de Boulogne et son parcours roulant. Un peu plus tard, je m’étais fixé un bel objectif d’1h16, soit 3’36″/km.
Être en forme ne suffirait pas, il faudrait en plus que je m’améliore un peu.

L’été est passé, je me suis donc lancé dans une prépa de 8 semaines. Au fur et à mesure des séances je me disais que, finalement, ce n’est que deux fois 10km en 36 minutes, ça le fera.

– la routine quoi, comme faire ses lacets, mais bien sûr –

Ma confiance avait atteint son paroxysme jusque 10 jours avant l’épreuve.

Puis, petit à petit, je me suis souvenu que 36 minutes au 10km, ce n’est pas si évident que ça. Pour finalement me retrouver, dimanche matin à me demander comment je vais faire.

Jour de course

Je n’ai pas changé ma routine. Réveil 3h avant le départ pour le petit déj’. Je traine un peu devant la télé au lieu de me recoucher. Et vient l’heure fatidique de traverser tout Paris avec ma supportrice de choc pour aller jusqu’à Boulogne.

– la photo Bastille – 

Niveau conditions météo, on est loin du désastre annoncé sur mon dernier semi. Il fait froid, certes, mais pas de pluie en vue. J’hésiterai jusqu’au dernier moment entre t-shirt et débardeur.

Je retrouve les autres coureurs de ma team Bastille pour la traditionnelle photo d’avant course et je pars à l’échauffement.

Au moment de faire les gammes, j’ai l’impression que mes jambes n’y sont pas. Sûrement parties chercher des excuses.

Je vais sur la ligne de départ. En attendant le top, je repense à la stratégie que je m’étais fixé : gagner du temps au début et passer le premier 10km en 35’40.

– swag ou pas swag ? laissez moi penser que oui –

Et c’est parti !

Ma grosse difficulté en ce début de course est de trouver mon rythme.

J’essaie de trouver un groupe qui a la bonne allure en remontant le fil.

A chaque fois que je trouve un petit peloton, je me rends compte qu’il est trop lent pour mon objectif.

Du coup je relance souvent pour me voir passer chaque panneau kilométrique pile en 3’36” alors que je voulais prendre de l’avance.

Pire j’ai l’impression de ne pas réussir à accélérer durablement, ça me pèse un peu sur le moral.

– le type qui ne sait pas s’empêcher de regarder sa montre –
photo de Marie

L’arche du 10e km est en haut d’une petite côte qui me ralentit inévitablement. Je passe en 36’08 à la montre. J’ai donc 8 secondes de retard là où je voulais en avoir 20 d’avance. Je ne suis pas du genre à faire des negative split (c’est-à-dire courir la 2e moitié plus vite que la première) du coup je commence à me dire que je vais manquer mon objectif.

Je passe le 11e km avec 14 secondes de retard. Cette première partie de course n’est pas folle. Au contraire.

– là, je sais que je n’y suis pas –
photo de Paul-Louis 

C’est à peu près à ce moment que je vois Glenn sur le bord de la route, qui me dit “allez, grappille petit à petit”. Ou un truc dans le genre.

Tout a basculé là-dessus.

J’ai complètement changé ma manière d’appréhender ma course en 5 secondes.
A partir de là, j’arrête de me demander si je suis dans l’allure et je pense à aller chercher les coureurs qui sont devant moi.

Ma course a radicalement changé.

« Lui, là ? Je le rattrape ! Lui ? Aussi. »

– ça remonte dans la course ! –
photo de Manon

Vers le 13e km, JR me rejoint pour me liévrer. J’ai la patate mais il me permet de garder une allure soutenue quand je m’oublie un peu.

Au 15e km, je regarde ma montre, j’ai complètement résorbé mes secondes de retard. Je suis content, et surtout surpris d’avoir réussi, ce qui est pour moi, un tour de force.

Je continue sur ma lancée.

A partir du 17e km, ça commence à être plus dur et je suis bien heureux de croiser des supporters d’adidas Runners Paris qui m’encouragent. D’ailleurs, il y en avait partout sur le parcours, c’était vraiment chouette.

Un grand MERCI à tous !

 – obligé d’être ému devant tant de synchronisation –

Au 19e, j’ai l’impression de ne plus pouvoir mais je m’accroche à JR. Je sais que le plus long est fait, que je suis dans les temps. Je n’ai pas le droit de lâcher à ce moment là alors je m’accroche et je relance quand JR me distance trop ou qu’il me dit de pas lâcher.

En passant sous l’arche d’arrivée, je vois le chrono officiel qui affiche 1h15m54s, je lève le poing. Tout simplement heureux. Mes jambes ne sont plus là, je m’allonge une minute pour reprendre un peu de souffle.

Merci mon JR !

– quand c’est plus dur, je me cale dans la roue de JR
photo Romain Bourven

Le bilan

Finalement, mon chrono est de 1h15m52s.
J’ai vraiment été au bout de moi-même. Je suis très fier de ma course et j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir.

Ma prépa m’a donné les jambes, il a simplement fallu que je reprenne confiance en moi et que j’oublie la peur du negative split pour arriver à toucher l’objectif fixé. Tout s’est passé dans la tête.

D’habitude, je n’aime pas trop les semi, mais j’ai bien vécu à Boulogne ma meilleure course, sur tous les plans, en 2017.

Le prochain coup, j’irai chercher la qualif’ pour les France : 1h15m30s.
En attendant, direction les boucles du 17e pour la 3e épreuve de l’adidas Runners Circuit !