Dans la série « comment je suis passé du coureur du dimanche à moins de 3heures au marathon », il y a une composante très, très importante : ce sont les autres, tous ceux qui m’ont motivé et m’ont permis de me dépasser pour progresser.

L’antisocial

Avant juillet 2014, je courrais quasiment toujours tout seul.

J’étais peu enclin à aller courir avec les copains qui me proposaient des sorties footing. Trop lent, trop rapide, trop loin, pas le bon chemin. J’avais toujours une raison de me dire que je préférais courir seul.

Je n’avais pas envie de perdre mes potes pour autant alors je faisais des efforts.

Puis, par une belle journée d’avril 2013, je termine le marathon de Paris, ce qui me semblait impensable 6 mois auparavant.

Une photo publiée par Yohan (@ichocogeek) le

Le contrecoup, c’est qu’une fois l’euphorie de « j’ai terminé un marathon » redescendue, j’avais l’impression d’être arrivé au bout de ce que je pouvais faire en course à pied, j’en avais un peu marre aussi, et j’ai fini par m’en désintéresser peu à peu.

Et, un séjour de 6 mois à l’étranger ne m’as pas aidé.

– 6 mois au Laos, mon terrain de jeu c’était ça, le long du Mékong. Il faisait trop chaud pour courir et j’avais moyennement envie. Du coup j’ai dû faire une dizaine de sorties en tout –

Emmené par le groupe

De retour à Paris, j’ai lu le tweet qui a changé beaucoup de choses dans ma vie. Je serai bien incapable de m’en rappeler complètement, et j’ai la flemme de remonter la TL de Sébastien jusqu’en juillet 2014, mais il parlait de running et il avait le hashtag #boostsentier.

Je clique, je découvre qu’il existe une compétition de running entre différents quartiers de Paris organisée par adidas. Je suis chaud.

L’ancêtre de l’adidas Runners League : la Boost Battle Run ! #nostalgie

Si t’es de AR Sentier et que tu me lis, tu as bien compris, j’ai failli commencer chez vous.
Pour la petite histoire j’avais fait ma demande d’adhésion au groupe Facebook boostSentier, puis j’ai découvert que boostBastille existait, et comme c’était plus près j’ai annulé la demande d’adhésion chez Sentier.

La semaine d’après ce tweet, me voilà débarqué dans un run avec énormément de coureurs, j’étais un peu perdu, mais petit à petit, j’ai fini par faire mon trou.

C’est bien là que j’ai commencé à progresser. Courir tout seul ça se fait, mais se mettre dans le rouge grâce à l’autopersuasion uniquement, c’est compliqué. A l’inverse essayer de suivre les coureurs un peu meilleurs que soi dans un groupe ça change tout.

– L’un de mes premiers runs chez Bastille, le gars en t-shirt Iron-Man vert, c’est moi ! –

Il y a aussi l’émulation et un peu d’ego qui aide à avancer. Pendant longtemps j’ai essayé de suivre, de m’accrocher et ça m’a permis petit à petit d’aller plus vite, grâce aux autres.

Évidemment, s’améliorer c’est avant tout un truc très personnel, hyper intime, c’est le dépassement de soi. Mais comment courir contre soi ? Quand on ne sait pas, on fait la course avec les autres  et on progresse avec eux.
Et éventuellement, on finit par découvrir que pour être le meilleur de Bastille, de Paris, de France ou même du monde, il faut d’abord être le meilleur de soi-même.

En réalité, j’ai compris ça très tardivement, j’ai arrêté de penser aux performances des autres, d’essayer de me placer dans un groupe en me comparant aux autres. J’ai simplement décidé que je serai meilleur, c’est là que j’ai commencé à m’entraîner dur.

Emmener le groupe

Je me suis dit que j’allais faire un grosse prépa marathon (celui de Paris 2016) et que j’allais taper ma perf. Si vous avez lu le compte rendu croisé vous savez que l’objectif initial a été explosé.

Au-delà de ma satisfaction personnelle, j’ai senti que le regard des autres sur moi avaient changé (#melon) et qu’il y avait parfois une certaine admiration.

Devenu leader d’adidas Runners Bastille, j’avais non seulement envie de garder ce cap, mais aussi de le travailler encore afin d’emmener les autres avec moi et montrer à ceux que je côtoie tous les jours qu’on peut toujours aller plus loin.

– souffrir et faire souffrir, c’est ça l’amour ? L’amour sportif en tout cas –
Photo Kevin Sabah

Après avoir progressé grâce aux autres, aujourd’hui j’ai aussi envie de progresser pour les autres, de montrer un certain exemple, notamment pour ma team.
Donc les félins si vous me lisez, sachez que si je me mets aussi cher à l’entraînement c’est aussi parce que je vous aime…

Et que j’aime avoir mal, mais ça c’est une autre histoire.

Conseil #12 : progresser « c’est dans la tête », mais aussi quand même pas mal dans les jambes, alors va t’entraîner.