L’objectif annoncé pour cette année est d’arriver à passer sous les 34 minutes sur 10km.

Ca faisait donc un petit moment que je visais les foulées du 12e, qui ont eu lieu dimanche dernier, pour voir si je pouvais déjà faire la moitié du chemin, soit un 34’30.

L’objectif est déjà bien ambitieux alors quand j’ai appris que la grande finale de l’adidas Runners League aurait lieu la veille…  J’essaierai de gérer au mieux les deux événements, me suis-je dit !

Résultat : j’ai réussi à en gérer la moitié.

 

LA FINALE

Samedi, on a clôturé la saison 3 de l’adidas Runners League avec une belle finale.

Au programme 5 épreuves (Championnes, Champions, Leaders, équipes féminines, équipes masculines) et un seul format : Beat the wall. Le but : ne pas se faire rattraper par le mur sous peine de se faire éliminer, le tout sur une distance 1300 mètres.

Et forcément, toute la team Bastille était là !

– le mur qui tente de rattraper Garance
photo Nicolas Riou

– Evidemment, c’est Bastille qui met l’ambiance –
photo Shehan Hanwellage

Dans la course des leaders, on devait parvenir à faire deux fois la longueur, avec 8 minutes de pause entre les deux, sans se faire rattraper pour rapporter des points à sa team.

Le dilemme c’est que le lendemain il y avait les foulées du 12e, une course que je préparais depuis un certain temps. J’étais donc coincé entre rapporter des points à ma team et ne pas trop laisser mes jambes à Saint-Cloud. La course des leaders est censée être la moins relevée alors j’espère que le mur jouera la clémence.

Le top départ est donné pour la première longueur. 

photo Karim Kouki

On a rapidement compris que la clémence tant espérée était globalement absente de la course et on cavale sévère.

On mesure que 200 mètres d’avance donnés aux leadeuses constitue un retard énorme.On dépasse Britta des Abbesses au bout de 400m environ alors qu’elle partait en marchant (elle était blessée, beau geste d’avoir participé malgré tout).

Le mur commence à dépasser quelques leaders et je vois Marcus des Batignolles qui commence à sérieusement relancer alors je fais tout pour me maintenir devant.

– à la poursuite de Reine –
photo Shehan Hanwellage

J’arriverai à rattraper Reine de Belleville 20 mètres seulement avant l’arrivée et je réussis à me qualifier pour le second tour. On sera donc deux : Reine et moi. Tous les autres sont passés à la trappe.

– Allez, on remonte pour un tour –
photo Kevin Sabah

Après cette longueur, je ne suis pas très optimiste pour la seconde.

D’abord parce que le terrain est un peu casse gueule. C’est un champs de patates en descente avec pas mal de trous.

Ensuite parce que 1300 mètres c’est long putain ! La distance m’a semblé interminable.

Enfin parce que Reine va encore avoir 200 mètres d’avance et je ne pensais pas que c’était aussi important. On remonte la pente pour repartir au départ et quelques copains de Bastille tentent de remettre mon optimisme d’aplomb.

Et c’est reparti pour un tour.

Je manque de me vautrer plusieurs fois, mais je me retiens. Je me dis que vu que je cours quasi seul ça ferait mauvais effet.

Je regarde souvent derrière moi pour être sûr que le mur ne mette pas un coup de rein et je finis par rattraper Reine bien plus tôt qu’au premier tour. OUF.

Elle a laissé ses jambes sur la longueur précédente. Je continue jusqu’à la ligne d’arrivée alors que Reine est rattrapée par le mur, je suis le seul à gagner les points.

– tout nu et tout bronzé –
photo Kevin Sabah

A ce moment là je sais que la course du lendemain c’est mort, mais je suis bien heureux d’avoir gagné des points pour ma team.

Et ma team est heureuse aussi ! Elle déboule comme un seul homme pour un câlin collectif et me soulève dans les airs. Un vrai beau moment de joie collective qui résume bien la saison écoulée. Merci Bastille pour tout cet amour et cette générosité !

– Bastille débarque derrière la ligne d’arrivée –
photo Shehan Hanwellage

Je profite rapidement de la soirée et je rentre tôt pour essayer dormir un peu, j’ai décidé de tenter ma chance le lendemain malgré tout !

En rentrant je synchronise ma montre. J’ai couru le 1er 1300m en 3’04 de moyenne et le second en 3’01, là où je pensais qu’en 3’30, voire plus, ça passerait.

LES FOULEES DU 12E

Le départ est à 9h30. Je me réveille à 6h15 pour le petit déj. Quand rentrer tôt signifie se coucher à 2h, ça pique un peu. Je me recouche, pour un 2e réveil à 7h50. Pas mieux réveillé.

Je fais mon échauffement habituel et j’ai déjà les cuisses lourdes. Forcément, de la descente à pleine bourre avec des trous, ce sont les cuisses et les genous qui ont tout encaissé. Plus la course approche et moins je suis serein.

Fun fact, avant le top départ, dans le sas, je tombe sur un des coureurs qui faisait partie de mon mur la veille. Contrairement à moi, il n’a pas prévu de tenter un RP, il vise l’allure marathon. J’aurai dû faire pareil.

– Dur le réveil –

Le départ est lancé. L’objectif c’est 34’30 soit 3’27/km.
Jusqu’au kilomètre 2 je galère mais ça passe à peu près. Je passe le 2e kilo en 6’52 donc je suis dedans. Mais c’est à partir de là que je commence vraiment à sentir mes jambes et mon manque de forme.

– concentré vers le 2e km –
photo Kevin Sabah

Je passe le 5e en 17’25, là où j’aurais dû être en 17’15. Je décide d’arrêter les frais, je sais que je ne referai pas mon retard et je n’ai pas envie de me mettre la misère pour un temps qui sera frustrant.

Je décide donc d’attendre Jérôme, qui m’avais dit qu’il tentait un sub 39′.

Il ne tarde pas à arriver jusqu’à moi. Je lui dis que je vais courir avec lui la deuxième partie pour le pousser un peu. Il m’annonce que lui aussi a du retard, on forme une belle équipe !

– On mouille le maillot –
photo Kevin Sabah

Je fais ce que je peux pour l’aider à se relancer un peu, mais avec la chaleur, pas facile. Finalement ce sera un sub 40. C’est déjà ça.

A l’arrivée je suis déçu de ne pas avoir eu les jambes mais c’était compliqué d’enchainer deux efforts physiques aussi intenses à moins de 12 heures d’intervalle. Pas de mystère.

Ce petit fail commence à mettre à mal ma persévérance.
Je commence à avoir quelques doutes sur ma capacité à aller chercher le 34’30 avant l’été, alors le sub 34′ avant la fin de l’année… j’essaie de ne pas trop y penser.
Je me demande souvent où est la limite à ma progression et il se peut que j’aie atteint le bout, sinon un palier important qui demandera un peu plus de temps pour le franchir.

Je regrette un peu de ne pas avoir joué ma chance à fond sur les 10km du bois de Boulogne et de la Voie royale et de les avoir courus au sein d’une semaine complète d’entrainement.

– Médaillé mais pas convaincu – 

Je me suis fixé une dernière course : les foulées d’île de France. Pas d’imprévu ni d’impondérable en vue. Il faudra faire la course le plus sérieusement possible. Après je pourrai me faire le bilan de mes tentatives et enchaîner sur mon été dédié au triathlon.