Lorsque j’ai fait un petit tour d’horizon des sujets autour du marathon qui vous intéressent, la question de l’alimentation est souvent revenue.

C’est vrai que c’est une question un peu délicate et qui intéresse beaucoup de personnes, au-delà de la pratique sportive.

C’est normal : on entend parler de bouffe à peu près 250 fois par jour.

Que ce soit pour apprendre que le quinoa est en fait cancérigène, que les vaches aussi devraient manger 5 fruits et légumes par jour, que ton voisin ne mange que des skittles et de la poudre d’eau et qu’il pète la forme ou enfin pour voir un candidat d’un dîner presque parfait expliquer que oui, il y a du sable dans la pâte sablée.

Il est parfois difficile de se frayer un chemin dans cette masse d’informations dont le degré de fiabilité est pour le moins variable.

Trouver sa formule

Personnellement, je pense avoir des connaissances assez basiques sur la question de l’alimentation.

Cependant après presque 3 ans à tâtonner et tenter des choses, j’ai eu la sensation pendant la prépa du marathon de Valence d’avoir trouvé la bonne formule.

Quand je parle de « la bonne formule » je veux dire celle qui me correspond.

La première difficulté de la question de l’alimentation est que nous avons tous des besoins différents.
On a tous à peu près le même métabolisme. Il est convenu que les lipides ne servent pas à fabriquer du muscles, que les glucides sont le carburant de base du cerveau et que boire de l’eau c’est important.
Mais chacun de nos métabolismes diffèrent. Ils ne réagissent pas à la même vitesse, n’ont pas les mêmes habitudes, ni les mêmes besoins.

Du coup, si on avait donné exactement ce que je mangeais en prépa à quelqu’un de mon niveau et de mon gabarit, ça n’aurait pas forcément fonctionné exactement de la même manière.

– T’es qui Noah ? –

Néanmoins, c’est une question qui revient souvent et que le but de ce blog c’est de vous aider à progresser. Je veux donc bien essayer de vous aider à trouver votre formule en partageant mon expérience.

N’appelez pas ça un régime

Les régimes ne fonctionnent pas pour une raison simple : on les adopte pour une période de temps limitée.

Le titre de l’article est trompeur, puisque j’aborde la question sous l’angle de la prépa marathon. Il sert de réponse à ceux m’ont demandé quelle était mon alimentation pendant la prépa. Mais l’idée c’est bien d’arriver à trouver et mettre en place des bonnes habitudes sur le long terme.

C’est d’ailleurs la seule façon pour que ça fonctionne. Si vous mangez un burger frites tous les jours depuis 1 ans, que vous estimez que ce n’est pas tout à fait adéquat pour une prépa marathon, vous allez vous faire 3 mois radicalement différents ? Je vois mal comment ça peut fonctionner.

L’idée, enfin c’est comme ça que je l’envisage, c’est plutôt d’arriver à changer petit à petit.
« OK, j’adore les frites, mais une fois j’ai goûté le riz et j’aime bien aussi. Peut-être que je pourrais manger un peu moins de frites et un peu plus de riz. »
Et petit à petit, vous allez changer vos habitudes et les améliorer.

Laissez-vous du temps

C’est la conséquence logique d’essayer de trouver des bonnes habitudes sur le long terme.

On n’atteint pas son poids de forme du jour au lendemain, mais ça va relativement vite. Par exemple, avant d’attaquer ma prépa pour Valence, j’étais autour des 71-72 kg. 3 mois plus tard j’étais sous les 68 kg mais je n’ai pas tenté de tout perdre d’un coup.

J’avais simplement confiance dans le fait que ça fonctionnerait. Ensuite, mon poids s’expliquait par le fait sans objectif important, et avec l’été, je me laissais plus tenter. Mais au quotidien j’avais gardé mes habitudes alimentaires. J’ai donc mis un terme à mon régime cheat meal pour revenir à ma base.

A l’inverse, j’ai déjà essayé de perdre du poids plus rapidement en tentant de ne pas consommer des glucides certains jours par exemple.
Je me suis rendu compte que si dans l’immédiat j’étais plus léger, sur la longueur j’étais moins en forme. Du coup, maintenant je sais que séance ou pas séance, il faut une part minimum de glucides par jour pour garder la forme.

Testez des trucs

Si on souhaite utiliser l’alimentation dans un objectif de performances, il faut éviter les erreurs surtout à l’approche d’un objectif important. A l’inverse, quand vous n’avez pas cette optique c’est le moment de tester comment telle manière d’envisager votre alimentation va impacter votre forme physique.

Personnellement, j’ai essayé d’arrêter de manger du sucre pendant un mois. J’ai également tenté de ne pas consommer de féculents les jours sans entrainement intense pour perdre du poids. Si c’est contre productif, oubliez. Si vous ressentez un gain, faites-en une habitudes.

Au bout d’un moment vous aurez une perception plus fine de vos sensations et serez plus à même d’adapter votre alimentation à vos besoins. Or, c’est bien la le but recherché. Que ce soit en prépa marathon ou quand on cherche à mettre en place de bonnes habitudes.

Si en plus, vous couplez ça avec des connaissances théoriques, je crois que vous serez suffisamment équipés à court moyen terme pour vous nourrir correctement. A notre niveau, on n’a pas non plus besoin d’avoir un plan nutritionnel très précis.

Définissez vos besoins

Le but n’est donc pas de maigrir mais bien d’être à son poids de forme. Il faut que votre alimentation vous apporte l’énergie nécessaire même si, en prépa, elle doit souvent vous aider à perdre quelques kilos. Il faut arriver à trouver l’équilibre.

Si vous ressentez une baisse de forme anormale, c’est peut-être parce que vous n’êtes pas assez nourri. Pour endurer la prépa sur toute sa longueur il faut des calories !

Votre alimentation doit aussi répondre à des besoins autres que nutritionnels, qui sont tout aussi important.

Par exemple, je me suis rendu compte que je n’étais pas obligé de manger des gâteaux tous les jours. Je peux largement m’en passer. En revanche, j’aime beaucoup manger et je dois donc le prendre en compte au quotidien. Comme il y a un tas de trucs que j’aime, je peux tout aussi bien manger beaucoup de fruits et légumes sans que ça me nuise, au contraire. Ainsi, je conserve un aspect plaisir indispensable pour garder de bonnes habitudes.

Achetez un maximum de produits bruts

Le meilleur moyen de contrôler ce qu’on mange c’est de consommer le moins de produits transformés possibles.

A la maison, le seul truc que je mange régulièrement et que je n’ai pas acheté brut, c’est le pain. Croyez-moi, j’ai passé un temps certain à lire les étiquettes pour le choisir. Pour le reste, j’achète des fruits, des légumes, du lait, des noix, des œufs, des légumineuses, de la viande, du poisson et je cuisine.

Vous verrez que si vous vous donner la peine, vos repas seront plus satisfaisants. C’est clair que manger sa barquette de carottes râpées achetée à la supérette du coin ça vend pas du rêve. En s’intéressant à la cuisine, vous pourrez facilement trouver les moyens de vous faire des bons petits plats « healthy » et équilibrés.

A la cantine du boulot, je mange ce qui a l’air d’être le moins transformé. Genre le riz, les légumes. J’évite les purées, les plats en sauce par exemple.

Quand j’ai des déplacements, j’anticipe et je me fais ma gamelle.

Rien n’est interdit

Ce n’est pas un régime. Il faut adopter une autre manière de manger qui soit durable. S’il n’y aucun plaisir, vous ne tiendrez pas. Tout réside dans la modération.

Si vous vous prenez un gros repas dans la semaine ou un goûter bien saturé de sucre et de gras, voire les deux, ça ira quand même. Il faut simplement que ce ne soit pas la norme. Et, ce même en prépa.

Par exemple j’achète aussi des produits industriels, hyper transformés ou hyper sucrés, mais ça n’est pas la base de ce que je mange. J’adore les kinders, les dinosaurus et le Coca est ma boisson préférée au monde. Mais ça n’est pas la base de mon alimentation. Du coup quand j’en mange, ça me fait encore plus plaisir.

Faites vous une liste de l’après marathon

On ne va pas se mentir, si vous êtes très gourmands comme moi, il y a quand même un paquet de joyeusetés culinaires sur lesquelles vous ferez l’impasse pendant la prépa.

Mon truc c’est de faire une liste dans un coin de ma tête de tout ce que je mangerai. Bon, en deux semaines, je n’ai pas dû faire le tiers, mais je me fais bien plaisir avant de me remettre complètement au travail.

L’idée c’est qu’il faut bien avoir des moments où on se lâche complètement, mais ce sont ces moments qui doivent être la période de régime.

Et avouez qu’un régime pour grossir, c’est plutôt agréable.