Le week-end dernier, je suis allé à Chantilly pour participer au triathlon format olympique.

Toute l’histoire commence par une conversation de groupe sur Facebook, les fameuses. Quelqu’un balance un formulaire pour devenir bénévole au triathlon de Chantilly et y participer. L’occasion de passer un chouette week-end avec des potes. D’autant plus chouette que Camille négocie un logement à l’oeil pour le week-end, et ça on aime (MERCI).

Ca n’aura pas raté : du soleil, des voitures redirigées, de la natation, du vélo, de la course à pied et à manger. Tout un programme.

CURRICULUM VITAE

Chantilly, c’est le 2e triathlon auquel je participe.

J’avais fait celui de Paris en 2015, un format équivalent:
– 1500m de natation en 33 minutes ,
– 40km de vélo en 1h23,
– 10km, raboté à 8 en cours de route, de course à pied, en 45 minutes.

Temps total : 2h45 (avec les transitions).

J’avais aimé la natation malgré l’odeur de souffre et les algues de base de nautique de Choisy, vraiment kiffé le vélo et détesté la course à pied, alors que c’est mon sport de prédilection, je n’avais pas pu courir correctement à la descente du vélo.

Une photo publiée par Yohan (@ichocogeek) le

LES OBJECTIFS 

J’aborde donc le triathlon de Chantilly avec un triathlon dans la jambes et non sans avec une pointe d’arrogance. Je ne suis pas très stressé avant cette course, contrairement à mon habitude.

Mes objectifs :

– 1500m de natation : 30 minutes, une formalité annoncée (#arrogance).  Ça fait 6 mois que je nage 2 fois par semaine pour 4km au total environ, finger in the noes. Le seul truc qui me gêne un peu c’est que je sais que l’eau est dégueue, je me dis que je ferai abstraction.

 

La natation dans le bassin du Château de Chantilly – Allégorie

– 45km de vélo : tenir au moins 30km/h de moyenne. J’ai fait la reconnaissance avec Maxime, les jumeaux de Sport² et Paul-Henri la semaine d’avant, je sais que le parcours est un peu vallonné et qu’il va potentiellement y avoir du vent sur une bonne portion mais je me dis que je me suis amélioré en vélo donc je suis assez serein.

La reco du parcours vélo, à la fraîche.

– 10km de course à pied : moins de 50 minutes ça serait déjà pas mal, malgré mes temps en running sec. Le triathlon de Paris, m’a laissé un sale souvenir dans les jambes et le seul entrainement T2 (transition vélo/course) que j’ai fais ne m’a pas rassuré. 

Au niveau du matos, je compte faire la natation sans combi, 3 jours avant l’eau était à 22°C, sachant qu’à la piscine où je m’entraine elle est à 23, je me dis que c’est bon. Je pars donc avec ma trifonction uniquement. Pour la partie vélo j’ai mon Lapierre Bleu Blanc Rouge, Marine de son prénom. Et pour la course je pars avec des chaussures de trail adidas Kanadia 7 (merci adidas !). Ce n’est pas vraiment du trail à Chantilly, mais il faut que je les fasse pour le prochain triathlon qui aura lieu dans les Alpes.

LA NATATION : PATATRA

Petit speech des organisateurs pour nous parler des 3 parcours (natation, vélo et course), l’eau est annoncée à 21°C, et hop on nous envoie à l’eau. Je pars derrière parce que je n’ai pas envie de prendre trop de coups. Je regarde ceux de devant entrer dans l’eau et me rends bien compte qu’en fait c’est de la boue en plus liquide.

Je rentre dans l’eau à mon tour et je me dis que 21°c’est plus chaud que ce que je croyais, je suis d’autant plus confiant.
Je le savais pour l’avoir entendu, mais je me rends compte qu’on a vraiment pied, mais je préfère ne pas trop toucher le fond vu la couche de vase qu’on y rencontre.

Le top départ est donné, je mets la tête dans l’eau et je ne vois rien. Elle est vraiment pire que dégueulasse. Mais je suis chaud alors je pars fort.

 

Moi, avant la natation.

Et le drame arrive. Je nage 100m environ et je commence à avoir mal à la poitrine, je continue et je respire de moins en moins bien. Du coup je panique, je touche le fond, au sens propre comme au figuré. Je ne comprends pas ce qui m’arrive, j’ai la poitrine comprimée alors je dézipe ma trifonction mais ça ne vient pas de ça, je continue de paniquer, je suis à deux doigts d’arrêter là. Je reste debout pendant 10-15 secondes je veux lâcher l’affaire.

Mais finalement, le mental revient, je me dis que je ne vais pas m’arrêter après 200m de natation, c’est idiot, je ne me suis pas pointé ici pour ça. Je sais que je suis physiquement prêt donc ça doit marcher. Je me relance, je me dis « fais confiance à ta technique ». Je m’y remets, plus calmement, je fais plus attention à mes gestes, je finis par retrouver du souffle. Je termine la natation un peu dégouté par l’expérience quand même.

 

Moi, après la natation.

Je regarde la montre en sortant : 37 minutes. Une formalité annoncée ma gueule.

En y repensant, je me dis que c’est sûrement le froid qui m’a valu ça, sans vraiment être certain donc en fait je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé. En tout cas ça a calmé mon arrogance pour un certain temps.

Petit souvenir qui me remonte du tri de Paris en 2015, j’avais imaginé que la course à pied serait le plus facile, une formalité aussi, ça a été le plus dur. Chantilly 2016 n’aura pas été différent de ce point de vue.

 

En plus il fait partie de l’élite d’adidas Runners Paris.

LE VELO : LE KIFF

J’arrive dans le sas de transition pour prendre le vélo et tout ce que je veux c’est oublier la natation. Je m’équipe, je mange un bout et c’est parti.

Dès le début, je sens bien mes jambes, ça me rassure énormément. Je fais donc tout pour garder le rythme. Ma seule difficulté au début c’est que le cardio n’est pas encore tout à fait là, je suis essoufflé, il me faudra bien 15km pour récupérer mais ce n’est pas très grave.

Au bout de 25km, je tombe finalement sur portion venteuse, je baisse la tête et sert un peu les dents pour essayer de garder une bonne vitesse. Le truc c’est de ne pas trop regarder le compteur pour ne pas se rendre compte de sa lenteur.

Au final, il n’y a pas grand chose à dire sur la partie vélo, j’ai pris beaucoup de plaisir, d’autant plus que j’ai dépassé du monde (ce que on aime tous faire en course officielle), et je sais en terminant que je fais ce que je voulais et que je suis dans mon objectif. 1h32 pour 45km de vélo (48km en vrai).

 

On ne dirait pas, mais je suis content là.

LA COURSE À PIED : LA RÉDEMPTION

La partie vélo finie, il ne me reste plus qu’à courir et je ne suis pas hyper serein. Je me dis que je vais en chier.

Dès que je sors du sas, je trouve JR qui est venu me trainer. Heureusement parce que je crois que je me serai mis à marcher après 2km sans lui.

D’ailleurs grosse dédicace à JR qui s’est pointé à Chantilly le samedi et le dimanche, pour liévrer ses potes sur la partie course à pied. Un ami en or.

 

Donc sans surprise, la course à pied est très difficile, j’ai tout de suite mal aux mollets, j’ai l’impression que les chaussures de trail sont trop lourdes et que je n’aurai peut-être pas dû les prendre, et je n’ai pas de souffle. Je compte les kilomètres, je veux juste que ça se termine.

Mais contrairement au tri de Paris où ça avait été compliqué jusqu’à la fin, à partir du 5e km tout change. Mes mollets se détendent peu à peu, le cardio est nettement revenu. Mes sensations de triathlon ont disparu et je commence vraiment à avoir des sensations de running. Du coup j’accélère je mets du rythme et le plaisir revient.

Finalement, je termine les 10km en 45 minutes, plutôt très content, et vraiment lessivé, 2 fois. Une fois parce qu’un temps total de 3h03 c’est long, et la 2e fois parce qu’il a littéralement fallu que je me lessive pour enlever toute la vase récupérée pendant la partie natation.

ALORS, HEUREUX ?

Je suis un peu déçu de mon triathlon à cause de la natation, mais je suis quand même content d’avoir trouvé les ressources pour ne pas m’arrêter à ce moment là et continuer d’avancer. 
En revanche, la course à pied s’est vraiment beaucoup mieux passé que ce que je pensais donc je suis rassuré sur cet aspect.

4 semaines avant Berlin, je suis rassuré de voir que le mental est au niveau et que je suis en bonne forme physique.

En attendant, rendez-vous le 11 septembre pour l’Evergreen Endurance 58. Un triathlon dans les Alpes un peu plus costaud. 1500m de natation, 53km de vélo avec 1500m de D+ et 14km de course à pied avec 1200m de D+. J’ai peur.

BONUS

C’est un enfant, et c’est le héro du week-end. C’est la démonstration que le mental est votre seule limite, comme j’ai déjà pu le dire précédemment.

Bailey, 8 ans, partiellement paralysé : il court des triathlons ! Et toi, t’es bien dans ton canap’ ?

Le héro du #triathlon de #chantilly !

Une vidéo publiée par Yohan (@ichocogeek) le

 

Conseil #8 : lâche ton canap’ !